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Quoi noter dans un inventaire pour l’assurance

Un inventaire pour l’assurance habitation ne sert pas à avoir raison contre quelqu’un : il sert à ne pas devoir se souvenir au pire moment. Ce qui suit décrit ce qu’on retrouve, en pratique, dans un inventaire utile. Ce qui est couvert, à quelle hauteur et selon quelles conditions ne dépend que de votre contrat — les conditions particulières et votre assureur ou votre courtier sont les seules sources valables sur ce point.

Le moment où l’on en a besoin est le pire moment pour se souvenir

Un dégât des eaux venu de l’étage au-dessus, un début d’incendie, un cambriolage pendant les vacances : au moment de faire une déclaration de sinistre, on vous demande de dire ce qu’il y avait. Et l’on découvre qu’on ne sait pas. Le nom de la marque de la chaîne hi-fi ne revient pas, l’année d’achat du lave-linge non plus, et l’on hésite entre deux modèles d’ordinateur.

Ce n’est pas un problème de mémoire personnelle. Nous mémorisons les objets par leur place et par leur usage, pas par leurs caractéristiques — c’est pourquoi une pièce vidée ou noircie devient si difficile à décrire. Un inventaire écrit avant, même sommaire, remplace un effort de mémoire qu’on n’est pas en état de fournir ce jour-là.

Ce que contient une ligne utile

Une bonne ligne n’est pas longue. Elle dit quoi (nature de l’objet), quelle marque et quel modèle, le numéro de série quand il existe, la date d’achat même approximative, le prix payé, et où l’achat a eu lieu. S’y ajoutent une photo de l’objet à sa place, et si possible une photo de la facture ou du ticket.

Le numéro de série et la facture sont les deux éléments qui manquent le plus souvent et qui coûtent le plus cher à reconstituer. Ils se trouvent sur une étiquette au dos ou sous l’appareil, et dans vos courriels de confirmation de commande : une recherche dans votre boîte mail retrouve en une soirée ce que vous croyiez perdu.

Par où commencer sans y passer un week-end

Pièce par pièce, en partant du plus cher. Dans un logement ordinaire, une trentaine de lignes couvrent l’essentiel de la valeur : le gros électroménager, l’informatique, la télévision, les vélos, les instruments de musique, l’outillage, les bijoux, le mobilier de valeur, le matériel de sport.

Deux endroits sont oubliés à peu près systématiquement : la cave et le grenier, où dorment souvent des choses coûteuses — un vélo, des outils, du matériel de camping. Le balcon et le garage aussi. Une descente avec le téléphone, quelques photos larges de chaque étagère, et vous avez déjà une base à laquelle vous fier.

Ce que les contrats traitent souvent à part

Beaucoup de contrats prévoient des règles particulières pour certaines catégories : bijoux et objets précieux, objets d’art, matériel professionnel à domicile, vélos, instruments, matériel informatique. Certains fixent des plafonds par objet ou pour l’ensemble d’une catégorie, d’autres demandent une déclaration préalable ou une estimation au-delà d’un certain montant.

Ce n’est pas uniforme, et personne ne peut vous dire depuis un article ce qui s’applique à vous. La même remarque vaut pour la manière dont un objet est indemnisé : les contrats ne traitent pas tous de la même façon la valeur d’usage et le remplacement à neuf. Ces deux questions se règlent en une conversation avec votre assureur, et il vaut mieux l’avoir avant le sinistre qu’après.

Où garder la liste

Un point souvent négligé : une liste qui brûle avec l’appartement ne sert à rien, et un carnet volé avec l’ordinateur non plus. Il faut au moins une copie hors du logement — une boîte mail, un espace en ligne, une clé chez un proche, un exemplaire papier au bureau ou chez vos parents.

Cela vaut aussi pour les photos. Des clichés qui n’existent que sur le téléphone dérobé lors du cambriolage ne vous aideront pas. Une sauvegarde automatique règle la question sans que vous ayez à y penser.

Ce que la liste sert aussi

Une fois faite, elle ressort dans des contextes qui n’ont rien à voir avec un sinistre. Au moment d’un déménagement, elle donne une base sérieuse pour estimer le volume et pour l’état des lieux. Quand vous prêtez quelque chose, elle rappelle à qui. En cas de succession, elle épargne à d’autres un travail que vous seul pouviez faire.

Une liste incomplète vaut infiniment mieux que pas de liste. Trente lignes écrites un dimanche après-midi, avec des dates approximatives et quelques photos floues, changent complètement la conversation le jour où elle a lieu.