Que faire des câbles que vous n'identifiez plus
Le tiroir à câbles n'est pas un signe de laisser-aller. Chaque appareil est arrivé avec le sien, et les appareils partent avant leurs câbles : téléphone revendu, imprimante remplacée, box rendue à l'opérateur, appareil photo rangé au grenier. Au bout de quelques années, il reste un nœud dont personne ne sait plus rien. La bonne question n'est pas de tout identifier, mais de savoir ce qui a encore une prise correspondante chez vous — et où part le reste, car un câble ne se jette ni à la poubelle ni au bac jaune.
Pourquoi ce tiroir existe chez tout le monde
Un câble est petit, il ne sent rien, il ne coûte rien à conserver et il porte une promesse vague : on ne sait jamais. C'est exactement le profil d'objet qui s'accumule sans que personne ne prenne jamais de décision.
S'ajoute une asymétrie de risque très concrète. Jeter un câble dont on aurait eu besoin est une petite catastrophe imaginaire, immédiate et facile à se représenter. Garder cinquante câbles inutiles ne coûte, à chaque instant, rien du tout. Le calcul penche naturellement du côté de la pile, et il y reste jusqu'à ce qu'on la sorte du tiroir.
Tout sortir sur une table, une seule fois
Ce tri se fait mal en plusieurs fois, parce que la moitié du travail consiste à voir les doublons. Videz le tiroir, le carton et le sac du placard d'entrée sur une table, démêlez, et faites quatre tas.
- Ceux que vous reconnaissez et qui servent à un appareil que vous possédez encore.
- Ceux que vous reconnaissez mais dont l'appareil est parti.
- Ceux dont vous ignorez l'usage.
- Ceux qui sont abîmés : gaine fendue, embout tordu, fil apparent près de la prise.
Le quatrième tas se traite sans réflexion : un câble d'alimentation abîmé ne se garde pas, quelle que soit sa rareté. Le deuxième se vide presque entièrement. Le troisième est celui pour lequel on ouvre cet article, et il est plus facile qu'il n'en a l'air.
Reconnaître un câble sans rien connaître à l'électronique
On n'identifie pas un câble par son fil, mais par ses deux extrémités, et il n'y en a qu'une poignée à savoir distinguer. Le rectangle plat que tout le monde connaît, l'ovale réversible plus petit et plus récent, le petit trapèze des téléphones et liseuses d'avant, la prise ronde qu'on trouvait sur les appareils photo, le connecteur large des écrans, la fiche cylindrique du casque audio, et les fiches à vis bleues ou blanches des vieux moniteurs.
Ensuite, un seul test suffit : y a-t-il, quelque part chez vous, un appareil branché ou branchable qui possède cette prise ? Si la réponse est non, la conservation ne repose sur rien. Faire physiquement le tour du logement avec les câbles inconnus à la main prend un quart d'heure et règle la plupart des cas — beaucoup de ces embouts n'ont plus d'équivalent nulle part depuis longtemps.
Pour les rares câbles dont l'embout vous intrigue vraiment, il y a souvent une inscription minuscule sur la prise ou sur la gaine. Elle ne vous dira pas toujours à quoi il servait, mais elle suffit à savoir si le format existe encore.
Les blocs secteur, la partie la plus délicate
Un bloc noir sans appareil identifié pose un vrai problème, parce que la tension et l'intensité de sortie sont inscrites dessus mais ne veulent rien dire tant qu'on ne sait pas ce qu'on veut alimenter. On ne branche pas un bloc au hasard sur un appareil pour voir. C'est le genre d'essai qui coûte l'appareil.
En pratique, un bloc dont vous ne savez pas ce qu'il alimente ne sera jamais utilisé : le jour où vous en aurez besoin, vous n'aurez pas plus de moyen de le savoir qu'aujourd'hui. Les chargeurs de téléphone au format universel, eux, restent utiles — mais deux ou trois suffisent, et un chargeur récent à plusieurs ports remplace en général tout un tiroir.
Où ça part réellement
Câbles, chargeurs et blocs secteur sont des déchets d'équipements électriques et électroniques. Ils ne vont pas dans la poubelle ordinaire, et surtout pas dans le bac jaune, où ils gênent le tri et abîment les installations. Trois chemins existent : le bac de collecte DEEE en déchèterie, un point de collecte en magasin — la plupart des enseignes d'électroménager, de bricolage et beaucoup de supermarchés en ont un près de l'entrée —, et la reprise par le vendeur lors de l'achat d'un équipement équivalent.
Si vous passez par la déchèterie, vérifiez d'abord les horaires et le mode d'accès sur le site de votre commune : carte, badge ou créneau à réserver selon les endroits. Pour une simple boîte à chaussures de câbles, le point de collecte en magasin est presque toujours plus rapide, puisqu'il se fait sur un trajet que vous faites déjà.
Ce qu'on garde, et comment
Ce qui reste tient largement dans une boîte, et une boîte fermée vaut mieux qu'un tiroir : dans un tiroir, on repose ; dans une boîte, on range. Un câble par usage courant, un ou deux de secours, chacun tenu par un lien ou une pince, et une étiquette pour ceux qui ne sont pas évidents.
Si vous notez quelque part la liste de ce que contient la boîte, écrivez-la en trois lignes, pas en tableau. L'intérêt n'est pas l'inventaire : c'est de ne pas racheter un câble parce que vous ne saviez plus si vous en aviez un.
Et si un câble reste dans la boîte parce que vous n'êtes pas tranquille à l'idée de le laisser partir, gardez-le. Une boîte de câbles avec deux inconnus dedans est un problème résolu ; un tiroir qui déborde à chaque ouverture n'en est pas un.